Le cuir et les tanneries, une vieille tradition à Barr

Maurice WINGERT

Fils d'ouvrier tanneur et maroquinier, Maurice a travaillé le cuir toute sa vie, au sein de l'atelier familial. 

Né en 1935, cet authentique Barrois nous parle de son métier, avec passion...

Vidéo Philippe SCHULTZ

Sous-titrage
Christian SCHMITTHEISLER

Version alsacienne sous-titrée en français

Vidéo Ph. SCHULTZ

Version en alsacien (parler barrois)

Barr et le cuir, c'est une très longue histoire commune qui s'étale sur des siècles... !

Vieille tannerie barroise
dessin de Frantz.

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Le métier de maroquinier 

source : (Espace ressources Sàmmle de l'OLCA)

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Les années d'apprentissage 

source : (Espace ressources Sàmmle de l'OLCA)

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La réalisation d'un portefeuille 

source : (Espace ressources Sàmmle de l'OLCA)

Les derniers jours de ... Moïse !

L'usine Moïse du quartier de la gare ne fait pas partie de l'univers des tanneries traditionnelles de Barr, mais elle est intimement liée à cette activité. En effet, son métier était bien différent puisqu'elle fabriquait un cuir artificiel (Kunstleder), des engrais chimiques et de la colle, ces produits finis étant réalisés à partir des déchets des tanneries locales. Fondée à la fin du 19e siècle, elle a néanmoins compté dans le patrimoine industriel barrois.

Le signe extérieur de richesse de notre localité fut autrefois le nombre impressionnant de grandes cheminées d'usines, évidemment aussi longtemps qu'elles fumaient encore. Hélas, ce n'est plus le cas depuis fort longtemps déjà.

 

L'une après l'autre de ces constructions colossales qu'elles furent au moment de leur érection, ont disparu depuis à tout jamais. Les quelques-unes qui restent ne fument plus, à une exception près !


Une des plus jeunes en âge fut celle de l'ancienne usine Moïse. Elle fumait encore, il y a quelques semaines, mais seulement pour chasser définitivement les débris et résidus qui traînaient tout autour d'elle depuis une vingtaine d'années. Tristes témoins de la grandeur et de la décadence de l'industrie barroise ! 

Créée dans les premières années de notre siècle actuel, cette fabrique de cuir factice a connu, comme bien d'autres installations industrielles du même ordre de grandeur ou d'importance, une excellente période de réussite et de développement.

 

Jusqu'au moment de l'apparition des matières plastiques. Là ce fut le bonheur de l'un qui a fait le malheur de l'autre. 


Le nombre du personnel, masculin et féminin, variait entre 30 et 50. Les propriétaires, la famille Moïse, fut toujours très estimée à Barr. Elle s'occupait et participait activement à la vie publique de notre cité. Son ancienne demeure est devenue, en 1953, le siège de la Subdivision de Barr des Ponts et Chaussées, maintenant «Service de l'Equipement».

Bien des retraités actuels se souviendront de leurs années d'activité «chez Moise » comme on disait couramment.

 

Et certainement leurs cœurs devaient être aussi gros que la fumée noire et dense qui sortait, il y a 15 jours, pour la dernière fois de la grande cheminée, celle-ci ayant pris l'air d'un mastodonte voulant encore déployer toutes ses forces, avant de s'écrouler comme un jeu de cartes où il n'y avait plus d'atouts, livrée à l'art d'un excellent artificier réduisant à néant cette ancienne splendeur de force et de production.

 

Non pas pour des raisons d'âge, car tout ce qui avait été construit en dur se trouvait encore en bon état, à telle enseigne qu'une grande partie en pouvait être réutilisée, sauf les baraquements en bois évidemment.

Rappelons à cette occasion que l'industrie en général commençait à se développer à Barr vers la fin du 18e siècle seulement.

 

Il y eut d'abord des métiers de tisserand, une filature et une teinturerie.

 

Les tanneurs existaient bien plus longtemps avant, mais sous forme d'un certain nombre d'artisans.

 

Charles SIMON fut le créateur de l'industrie du box-calf, vers le milieu du 19e siècle, qui devaient se développer très rapidement par la suite et assurer à la petite ville de Barr une renommée mondiale dans cette spécialité.

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La villa Moïse, avenue du Dr Marcel Krieg

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La cheminée de l'usine était l'une des plus imposantes de Barr

(photo Werner Bachert)

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Elle a été dynamitée en novembre 1973

(photo Werner Bachert)

Malheureusement il n'en reste plus grand-chose aujourd'hui, en comparaison du développement rapide qu'avait connu cette branche industrielle autrefois.

 

Il n'y a plus que la qualité qui remplace la quantité. 

 

Ainsi «Moïse» n'est plus! Malgré tous les regrets que l'on peut éprouver à différents égards, saluons la disparition, à l'entrée de Barr d'un ensemble devenu tellement triste à voir ! 


Le vieux doit disparaître pour faire place au jeune, aussi bien pour les choses que pour les personnes !

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 Source : Journal de Barr 15 février 1975

En l'espace de quelques secondes il n'en reste qu'un tas de gravas.

(photo Werner Bachert)

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Entre les deux guerres, l'usine employait 80 à 100 personnes