Insolite : qui étonne, surprend par son caractère inaccoutumé... !

Sur cette page, nous souhaitons mettre en valeur des choses moins connues, originales, ou encore des détails cachés du patrimoine, parfois même oubliés.   

Accident Camion 1.jpg
Accident Camion 3.jpg

Les dangers de l’hiver !


Dans le cadre de la loi Montagne, la préfecture du Bas-Rhin a récemment publié la liste des communes concernées par l’obligation de détenir des chaînes ou d’équiper les véhicules de pneus hiver en zones montagneuses à compter du 1er novembre 2021.

 

Le territoire de la commune de Barr est concerné par cette obligation.
Pour rappel, les véhicules devront soit être équipés de quatre pneus hiver, soit détenir dans leur coffre des dispositifs antidérapants amovibles (chaînes à neige métalliques ou textiles) permettant d’équiper au moins deux roues motrices.


Ce malheureux chiffonnier et récupérateur de métaux n’avait pas jugé utile de prendre ces précautions.
Bien mal lui en prit, lorsque son véhicule qu'il pensait maîtriser malgré la neige et le verglas, dévala le « Kàtzebùckel » et faillit finir sa couse dans la Kirneck, ce malgré un freinage désespéré.

 

Le chauffeur est sorti indemne de sa cabine,

mais des moyens considérables furent engagés pour le sauvetage périlleux de l’engin qui risquait à tout moment de basculer dans le lit glacé de la rivière au risque d’être englouti à tout jamais par les flots déchaînés!

 

A bon entendeur…

(Photo R. Flecksteiner)

787_001_edited.jpg

Quel surnom ou sobriquet portent les Barrois ?

Les Alsaciens ont un sens de l’autodérision légendaire qu’ils expriment à travers une chanson bien connue du folklore local «D'r Hans Im Schnokeloch»
 

De même, ils montrent un esprit taquin à l’égard de leurs voisins qu’ils affublent de surnoms ou sobriquets plus ou moins irrespectueux.


Ainsi les «Français de l’intérieur» sont des «Hàse» ou «Hàsebock» 
Pour les Alsaciens, les Lorrains sont des «Peckser»

 
Plus près de nous, les Obernois sont des «Senftbüsch», les Gertwillerois des «Zünnehüpser», les Andlaviens des «Hille» et à Eichhoffen ce sont des «Schnake».

Les origines de ces surnoms restent très obscures mais elles résultent probablement de quelques querelles ou litiges ancestraux oubliés depuis.

Dans ce registre, les Barrois ont été particulièrement gâtés avec un florilège de surnoms et autres qualificatifs…


Commençons par le «Sührmellichbüsch» qui rappelle la pauvreté de la population ouvrière qui se nourrissait principalement de lait caillé.


Plus connus sont les sobriquets de «Bankrottebückel» ou «Bankrottebürger» qui se réfèrent au passé industriel de notre cité et son déclin ou alors une vieille dette d’argent qui n’aurait pas été honorée...

162_001_edited.jpg

Lohkästreppler

Pour notre part nous retiendrons que les Barrois sont des «Lohkästreppler».


Ce sobriquet nous vient de l’industrie du cuir qui jusqu’au 19e était tanné à l’écorce de chêne ou de châtaigner. Le résidu d’écorce moulue qui en résultait après tannage ou «Loh» était récupéré sous forme de mottes, puis compacté dans un moule, le «Lohkäsring», qui se présentait sous la forme d'un anneau en fer forgé muni de deux anses, haut de 4 cm et mesurant 18 cm de diamètre.


Une fois qu’elle était bien piétinée, cette motte ressemblait à une meule de fromage ou «Käs» : C’est ce qu’on appelait le «Lohkäs» qui pesait en moyenne 400 à 500 g.


Les petits Barrois qui rappelons-le travaillaient dès l’âge de 12 ans étaient employés à la confection de ces Lohkäs : Chaussés de sabots spéciaux, à surface inférieure plane et sans talon, les mains agrippées à une barre de bois, ils piétinaient «trepple» plusieurs centaines de mottes par jour.


Après démoulage, les «Lohkäs» étaient disposés légèrement espacés sur des rayons de lattes jusqu’à leur séchage complet. Ils étaient ensuite vendus comme combustible de chauffage bon marché un peu à la manière des briquettes que nous avons connues plus tard à l’époque ou le charbon était roi.

Livreur de lait (C Guth).jpg

Circuits courts et empreinte carbone...

Les circuits courts suppriment ou limitent les intermédiaires. Ils renforcent la confiance avec la traçabilité des produits, soutiennent des produits locaux et de saison et assurent un juste prix tant pour les producteurs et productrices que pour les consommateurs et consommatrices.

 

Que des avantages en somme, mais rien de neuf par rapport à ce que nos anciens pratiquaient déjà il y a un siècle et de surcroît par un moyen de transport tout à fait écologique. 

Carte postale Chr. Guth

Sägemaschine.jpg

Métier d'autrefois

Cette très belle photo qui date environ de 1910 nous présente un métier disparu.

 

M. Adolphe Hilger, accompagné ici par son épouse Caroline (Lina) Trautwein, exerçait le métier de scieur de bois à domicile. 

Avec son attelage, il se déplaçait de maison en maison et de ferme en ferme pour débiter les bûches de bois de chauffage au format voulu par le client.

Sa scie à ruban est animée par un moteur monocylindre à 4 temps fonctionnant au pétrole ou à l'alcool.

Les plus anciens se souviennent certainement du vacarme pétaradant du moteur et du grincement strident de la "Säjmàschin".

(photo confiée par Chr. Guth)

press to zoom

press to zoom

press to zoom
1/2

Spectacle de rue vers 1920

Lors de la grande cavalcade de 1899, une loterie avait été organisée :

il fallait deviner le poids d'un boeuf qui avait été promené dans les rues de Barr pendant la manifestation.

 

Cette photo qui date plutôt des années 1920-1930 a probablement été prise dans la Grand-rue lors d'une autre manifestation à l'occasion de laquelle l'idée de cette loterie aurait été reprise.

Le mouton à droite et le veau à gauche pourraient aussi être des lots..., à moins qu'ils ne soient tout simplement destinés à succomber sous le couteau du boucher ! 

Si vous en savez plus sur cette photo, n'hésitez pas à nous le faire savoir...

Le Belvédère de la maison de retraite SALEM.

Peu visible de la voie publique, il faut entrer dans l'enceinte de l'EHPAD, coté parking, pour le voir.

 

Une plaque, apposée sur le mur  extérieur (rue du Kirchberg, près de l'église protestante), témoigne de sa restauration, en 1997, grâce à l'aide de M. Charles HERING. 

 

Nous sommes à l'écoute de celles et ceux qui pourraient nous apporter quelques précisions sur ce petit bâtiment, probablement construit au XIXème siècle, et qui ne manque pas de charme...

 

Maison Burckel (1).jpg

Les cartes postales anciennes ont toutes quelque chose à raconter.

 

L'histoire de celle-ci est peu commune: elle a quitté Barr le 27 juin 1904 par le train 487 en direction de Strasbourg, avant d'être acheminée via Paris, Le Havre, New York, puis distribuée le 6 juillet 1904 à Pittsburgh en Pennsylvanie.

Elle a réapparu en 2019 dans la boutique en ligne d'un marchand de cartes anciennes de Las Vegas dans le Nevada avant de rentrer à Barr (par avion cette fois) en mai 2019 soit 115 ans plus tard.

 

Au total elle aura parcouru plus de 20.000 km !

Carte postale postée le 1er janvier 1900 à 0h00, par le Docteur Hecker et son épouse Mathilde, née Degermann, à l'attention de leur fils Gustave.

"Réunis autour d'un bol de vin chaud vide nous nous souhaitons les uns aux autres une bonne et heureuse nouvelle année et mettons cette carte à la poste au dernier coup de minuit du siècle qui s'en va. Pluie horrible et orages avec éclairs et coups de tonnerre."

Le Docteur Hecker fut maire de Barr, de 1912 à 1915 et de 1918 à 1920. Il est l'auteur de deux ouvrages historiques qui font encore référence de nos jours : "Die Stadt Barr" (la Ville de Barr) et "Die Herrschaft Barr" (la Seigneurie de Barr), parus en 1911 et 1914. 

La Kirneck vue depuis le parking Stahl.

Aujourd'hui un petit cour d'eau paisible et limpide, c'est la Kirneck qui, au XVIIIème siècle, a attiré les nombreux tanneurs. Dépourvue de calcaire, son eau était particulièrement adaptée aux process de tannage du cuir, mais on y déversait aussi les résidus, ce qui entrainait une pollution importante.

Jusque dans les années 1960, une puanteur quasi permanente se dégageait de la Kirneck, sur tout le long de son parcours barrois et plus particulièrement au niveau du Pont de la Couronne (Kronebruck), à l'intersection des rues de la Kirneck, des Boulangers et Taufflieb. 

Souvent interpellé par les habitants mécontents, l'un des industriels se plaisait à répondre : "Wann's emol in Barr nimm stenkt, no stenkt's en Barr !" (le jour où ça ne puera plus à Barr, ça puera pour les Barrois). 

Les nombreuses améliorations apportées dans le tannage du cuir vont heureusement atténuer puis totalement supprimer ces nuisances qui, toutefois, auront perduré plus de deux siècles...

Fenêtres murées d'un vieux bâtiment donnant sur la Kirneck (probablement de la tannerie Adolphe DIETZ aujourd'hui partie de la tannerie Dergermann), vues depuis le parking Stahl, de la rue du Collège. 

En 1678, la maison commune de Barr (actuel 5 Terres, en face de la mairie), brûla et fut reconstruite en 1685.

 

On y ajouta alors une petite tour dans laquelle on installa une cloche provenant d’un fondeur bâlois et qui prit le nom de « Schwyzer-Gloeckel» (cloche suisse). En 1793, l’ensemble fut transféré au château voisin (actuelle mairie).

 

La cloche, refondue à Strasbourg en 1852, allait, deux siècles durant, marquer les moments importants de la vie de la cité… Pour les Barrois, elle reste le « Schwyzer-Gloeckel», malgré sa refonte. 

 

Ainsi, elle nous invitait quotidiennement à nous rendre à l’école, annonçait les décès dans la commune ou encore, une fois par an, sonnait l’arrivée du cortège de la fête des vendanges, pour n’en citer que quelques-uns.

 

Elle est toujours là et attend, peut-être, que l’on reparle un peu d’elle… !

Nous sommes en novembre 1918. Barr est redevenue française depuis quelques heures à peine.

Sur le Pont de la Couronne (rue Taufflieb, croisement rue de la Kirneck), un groupe d'enfants se réunit après avoir délogé les bustes de l'Empereur Guilllaume II et de l'Impératrice d'Allemagne de leur emplacement à la mairie.

 

Ils posent pour une photo souvenir, devant les bustes qu'ils viennent de barbouiller de confiture...

 

Les deux effigies  seront, dans la foulée, jetées dans la Kirneck !

L'adolescent avec sa casquette, sous le buste de Guillaume II, est Louis HUMMEL qui tiendra, par la suite, un commerce de tapissier-décorateur, place du marché aux Pommes de Terres (sucesseur Alfred Schwob, son gendre).