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Les DIETZ, une dynastie de Barr

Philippe SCHULTZ

Trois branches, des tanneries, trois maires, un sénateur

Barr est de longue date une ville du cuir. L’eau de la Kirneck s’y prête, et à la Révolution les artisans de la peau y forment le premier corps de métier : 38 maîtres tanneurs et 44 mégissiers et chamoiseurs, loin devant les 25 boulangers². 

 

Les DIETZ y tiennent leur place : on compte parmi eux, des hommes nés au début du XVIIIᵉ siècle, exerçant les métiers de mégissiers,  chamoiseurs et ouvriers tanneurs¹.

 

Marie-Anne HICKEL cite DIETZ en tête des noms de tanneurs relevés aux recensements de l’an X et de 1808¹⁶.

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Un ancêtre, trois branches

Au XIXᵉ siècle, trois branches DIETZ travaillent le cuir à Barr ; nous les désignons par les lettres A, B et C.

 

Les deux premières descendent d’Andreas DIETZ (1728-1791), tanneur, la troisième de son cousin germain Johann Georg DIETZ (1728-1781), drapier, dont le petit-fils Charles (1798-1864) choisit la tannerie¹.

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Chaque branche suit la même pente. En trois ou quatre générations, l’ouvrier tanneur, qui travaille sans posséder son atelier, devient tanneur, puis marchand tanneur, puis propriétaire d’une fabrique. Et chaque branche finit par posséder une tannerie qui porte le prénom de l’un des siens : la tannerie Edouard DIETZ pour la branche A, la tannerie Adolphe DIETZ pour la branche B, la tannerie Charles DIETZ pour la branche C.

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En 1911, lorsque le Dʳ HECKER dresse la liste des sept fabriques de cuir de Barr, trois appartiennent à ces trois branches, et une quatrième, la société DIETZ-BAUMHAUER & Cie, porte encore le nom de la famille².

Deux frères, deux cousins

Les trois branches remontent à deux cousins germains nés la même année, en 1728 : Andreas, fils d’Andreas DIETZ (1688-1741), tanneur, et Johann Georg, fils de Johann Georg DIETZ (1704-1773), fabricant de draps, tous deux petits-fils d’Andreas DIETZ (1645-1713), mégissier et Heimburger¹,¹⁴,¹⁵. Tous descendent de Cyriaque DIETZ, venu d’Andlau à Barr vers 1600¹³. Une Anna Maria DIETZ, fille d’un Andreas, épouse à Barr Mathias ROESCH le 25 janvier 1701 ; elle est peut-être une fille d’Andreas (1645-1713)¹⁴.

Les branches A et B descendent d’Andreas DIETZ, tanneur à Barr, né le 6 avril 1728 et décédé le 20 janvier 1791. Marié le 27 novembre 1753 à Anna Maria SELTZ, originaire de Mittelbergheim, il a sept enfants. Ses deux fils, Andreas (1761-1831) et Benjamin (1768-1836), tous deux ouvriers tanneurs, fondent les branches A et B ; ses cinq filles épousent un SPECKEL, un BILD, un GUNTZER, un SCHULER et un SIMON¹.

La branche C descend de Johann Georg DIETZ, fabricant de draps et organiste, né le 6 août 1728 et décédé le 31 décembre 1781. De ses trois mariages, avec Anna Ursula RAUBER en 1749, Catharina Margaretha BRODT en 1754 et Anna Maria DIEHL en 1767, naissent notamment Johann Georg (1755-1819), fabricant de draps, père de Charles DIETZ, le tanneur, et Jacob (1769-1839), futur maire de Barr (voir « La branche C : trois maires de Barr et un sénateur »)¹.

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Une seule alliance unit pourtant leurs descendances : le 13 juin 1826, Jean DIETZ (1800-1886), taillandier, petit-fils de Johann Georg, épouse Frédérique DIETZ (1799-1869), petite-fille d’Andreas par Benjamin (1768). C’est par ce mariage que la branche C rejoint les deux autres : leurs quatre fils, dont Jean (1840-1927), le seul tanneur, descendent des deux ancêtres de 1728. S’y ajoute le métier, depuis que Charles DIETZ (1798-1864), frère de Jean, a choisi la tannerie¹.

L’industrie du cuir à Barr vers 1900

Avant d’entrer dans le détail de chaque branche, cette carte situe les fabriques de cuir le long de la Kirneck. En amont se tiennent les tanneries d’Ernest DIETZ et d’Edouard DIETZ ; en aval, quai de l’Abattoir, la société DIETZ-BAUMHAUER & Cie et la tannerie Charles DIETZ, qui prendra le nom de DIETZ-DREYFUSS après 1918.

 

Les DEGERMANN, les SIMON, les DIEHL et les FEHR occupent le reste du cours d’eau ; à l’écart, la maison MOÏSE fabrique du cuir artificiel. Sur les sept fabriques que compte Barr vers 1910, quatre portent ainsi le nom de la famille².

La branche A : la lignée d’Andreas DIETZ,
tannerie Edouard DIETZ

Andreas DIETZ (1761-1831), fils aîné d’Andreas DIETZ (1728-1791), tanneur, est ouvrier tanneur comme son frère Benjamin. Ses quatre fils sont tanneurs : Johann Philipp (1787-1858), Benjamin (1792-1875), David (1794-1874), qui finira forestier communal au Hohwald, et Jonathan (1796-1866), marchand tanneur¹.

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C’est la descendance de Benjamin qui porte la tannerie. Son fils André Edouard (1819-1892) épouse Cornélie, fille de Johann Philipp.

 

La maison Edouard DIETZ est attestée sous ce nom dès 1881, quand elle entretient un représentant en Allemagne² ; ses fils Henri (1847-1917) et Edouard (1854-1928) en sont les propriétaires vers 1910, et Benjamin Henri (1896-1971), fils d’Edouard, est encore fabricant tanneur ; son fils Jean-Pierre DIETZ (1926-1986) en est le dernier dirigeant¹.

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Henri DIETZ épouse Eléonore SPECKEL, petite-fille de Jonathan DIETZ.

 

Leurs trois filles, Cornélie Eléonore (1875-1936), Cornélie (1878-1940) et Marguerite (1882-1961), épousent KOENIG, HUCK et SCHALLER¹ ; Véronique RAJAT descend de Cornélie et de Paul Jacques Guillaume HUCK¹,⁹.

Henri DIETZ (1847-1917), maître tanneur. Coll. V. RAJAT.

Eléonore, Marguerite et Cornélie DIETZ, filles d’Henri DIETZ. Coll. V. RAJAT.

Le plan cadastral de 1835 (France cadastre, archives départementales du Bas-Rhin) superposé à la vue aérienne de 1963 : la Herrenmühle, parcelle 881.

L’emprise de la tannerie Edouard DIETZ en 1963, entre la rue de l’Ile et l’avenue des Vosges. Vue aérienne IGN

La tannerie Edouard DIETZ vue du ciel : les sheds et les deux cheminées. Carte postale années 1960.

Le même secteur en 2024 : l’usine a disparu. Vue aérienne, Google Maps

Les lieux de la tannerie
Edouard DIETZ

La tannerie Edouard DIETZ s’étend entre la rue de l’Ile et l’avenue des Vosges, au sud de la vieille ville, sur l’ancien Mühlgarten que longe la Kirneck. Le plan cadastral de 1835 y montre encore la Herrenmühle, le moulin des Seigneurs, parcelle 881¹⁰. La famille d’Henri DIETZ y habite : une enveloppe timbrée de la Reichspost y est adressée à « Mademoiselle Cornélie Dietz, Barr (Herrenmühle) », sa fille Cornélie, née en 1878¹,¹².

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La maison a ses bureaux et un petit atelier au 15, rue du Collège, dans la ville, et son usine principale sur ce terrain de la rue de l’Ile. La rue du Collège, ancienne Dunkelgass, comptait six ateliers en 1850¹⁶. La vue aérienne de 1963 en montre l’emprise à la veille de sa disparition, et la vue oblique, ses toits en sheds et ses deux cheminées.

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Le site est ancien. Le moulin des Seigneurs tirait sa force de la Kirneck qui traverse le Mühlgarten, et c’est la même eau qui permettra le travail de rivière, premier stade de la fabrication du cuir au sein de la tannerie. Sur la carte de 1900 (voir « L’industrie du cuir à Barr vers 1900 »), la fabrique occupe, avec celle d’Ernest DIETZ, l’amont de la rivière, à l’opposé de DIETZ-BAUMHAUER et de la tannerie Charles DIETZ, établies en aval, quai de l’Abattoir.

La maison construite par Benjamin DIETZ (1825-1905), commerçant, qui importa aux États-Unis les cuirs de Barr. Photographie ancienne, collection Véronique RAJAT.

Rue de l’Ile, le seul bâtiment subsistant de la tannerie Edouard DIETZ. Vue actuelle

La branche A :
l’Amérique, et ce qui reste

Benjamin DIETZ (1825-1905), frère cadet d’André Edouard DIETZ, n’est pas tanneur, mais commerçant¹. Selon la tradition familiale, c’est lui qui importa aux États-Unis les cuirs de Barr⁹, à l’époque où le cuir de veau barrois s’y vendait par milliers de peaux chaque semaine².

Il réside alors à Brooklyn, au 65 Lee Avenue, et son séjour américain dure plusieurs années. Le recensement de l’État de New York de 1875 l’y inscrit comme négociant, avec son épouse Louise, née HERTZ en Allemagne, son neveu Edouard, une servante et un cocher⁶. Louise décède le 19 mars 1876 et repose aux États-Unis, sous un monument qui porte le nom « B. DIETZ »⁹. Veuf, il épouse à Barr, le 18 octobre 1876, Henriette DIETZ, fille de Johann Philipp et sœur de Cornélie¹. La maison qu’il fit construire à Barr, au 19, rue du Docteur-Sultzer, anciennement rue des Hortensias, témoigne de cette réussite.​

De la tannerie elle-même, démolie après la cessation d’activité, il ne reste aujourd’hui qu’un bâtiment, rue de l’Ile.

La branche B : la lignée de Benjamin DIETZ,
tannerie Adolphe DIETZ

Benjamin DIETZ (1768-1836), frère cadet d’Andreas DIETZ, est ouvrier tanneur comme lui. Sa lignée se suit, par son fils André DIETZ, jusqu’aux petits-fils d’Adolphe, nés au début du XXᵉ siècle¹.

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André DIETZ (1803-1894) s’élève au rang de marchand tanneur. De ses deux mariages naissent Théodore (1833-1879), tanneur, Adolphe (1836-1916), marchand tanneur, et Sophie (1838-1912). Adolphe fonde la tannerie qui porte son prénom. Vers 1910, elle appartient à son fils Ernest (1869-1954), fabricant de cuir, et ne produit plus que du cuir au chrome².

 

Elle quitte ses anciens bâtiments pour une usine neuve, l’actuelle Estra, et s’arrête vers 1948³. Les fils d’Ernest, Jacques André (1904-1965) et Ernest Marc (1910-1984), sont industriels, le second à Barr¹ ; Marc DIETZ est le dernier dirigeant de la tannerie.

Les filles de Benjamin comptent autant que les fils pour l’histoire du cuir. Concorde DIETZ (1801-1880) épouse en 1826 Jean BÜRCKI, marchand tanneur, dont les fils tiendront la tannerie Bürcky. Catherine Marguerite DIETZ (1797-1881) épouse en 1821 Benjamin FEHR, chamoiseur. Frédérique DIETZ (1799-1869) épouse en 1826 Jean DIETZ, taillandier, de la branche C : leur fils Jean (1840-1927), tanneur, appartient aux deux branches¹.

La branche C : la lignée de Johann Georg DIETZ, tannerie Charles DIETZ

La troisième branche est d’abord celle des drapiers. Johann Georg DIETZ (1728-1781), drapier et organiste, a trois lits. Du deuxième naît Johann Georg (1755-1819), fabricant de draps ; du troisième, Jacob DIETZ (1769-1839), teinturier et maire de Barr, dont la filature de 1807 est la première industrie à moteur de la ville. Jacob et son fils Charles Frédéric ont été tous deux maires de Barr, comme plus tard Richard DIETZ (1827-1896), petit-fils de Johann Georg (1755) (voir « La branche C : trois maires de Barr et un sénateur »)¹,².

Charles DIETZ (1798-1864), fils de Johann Georg (1755), quitte le drap pour la tannerie. Son fils Charles Théodore (1830-1906) est dit « propriétaire de tannerie » ; la fabrique, qui porte le nom de Charles DIETZ, se trouve quai de l’Abattoir, en aval de la ville. Trois de ses fils travaillent le cuir : Charles Paul, dit Paul (1865-1918), et Charles Auguste (1867-1900), maîtres tanneurs, et Jules Robert (1870-1908), fabricant de cuir¹. Vers 1910, Paul est seul propriétaire ; la fabrique tanne encore à l’écorce, à l’ancienne².

Un frère de Charles, Jean DIETZ (1800-1886), taillandier, épouse en 1826 Frédérique DIETZ, fille de Benjamin (1768) : leur fils Jean (1840-1927), tanneur, relie les branches B et C¹.

Jean-Jacques (Jacob) DIETZ, maire en 1815, puis de 1816 à 1839.

Charles Frédéric DIETZ, maire de 1848 à 1871

Richard DIETZ, maire de 1881 à 1896

La branche C : trois maires de Barr et un sénateur

La famille DIETZ a donné à Barr trois maires, et à la République un sénateur, tous issus de la lignée de Johann Georg DIETZ (1728-1781), drapier et organiste, celle de la branche C (voir « La branche C : la lignée de Johann Georg DIETZ, tannerie Charles DIETZ »)¹.​

 

Jean-Jacques DIETZ (1769-1839) 


Maire de Barr. Né à Barr le 19 septembre 1769, Jacob apprend en compagnonnage la teinture au rouge turc, qu’il exploite à Barr dès 1791. Suivent en 1807 une filature mue par l’eau et la vapeur, première industrie à moteur de la ville, puis un tissage en 1818 ; à son décès, ses entreprises emploient 520 personnes, et 400 autres à domicile. Maire en 1815, puis de 1816 à 1839, il conduit au nom de Barr et des quatre communes le grand procès forestier du Hohwald contre Strasbourg. Le procès est perdu, et Jacob DIETZ décède à Barr le 3 septembre 1839¹,²,⁸,¹³.

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Charles-Frédéric DIETZ (1798-1878)


Maire de Barr. Cinquième enfant de Jacob, né à Barr le 16 janvier 1798, Charles Frédéric est fabricant et négociant. Maire de 1848 à 1871, il attache son nom à plusieurs dossiers municipaux : le rapport sur le Gaensbrünnel, le 13 février 1857, la salle d’asile projetée sur l’emplacement d’un bâtiment de la maison Fischer, et le recouvrement de la Kirneck, dont il défend l’utilité publique le 12 novembre 1866, face aux hésitations de son conseil. Membre du conseil général du Bas-Rhin, il décède à Barr le 29 avril 1878¹,⁸.

Richard DIETZ (1827-1896)


Maire de Barr. Petit-fils de Johann Georg (1755) par Georg Friedrich (1790-1871), taillandier et marchand de fer, Richard DIETZ est chaudronnier et mécanicien ; maire de Barr de 1881 à 1896, il décède à Barr le 25 mai 1896¹,¹³.

 

Charles-Frédéric DIETZ-MONNIN (1826-1896)


Sénateur. Fils de Charles Frédéric DIETZ, maire de 1848 à 1871, il naît à Barr le 13 septembre 1826 et fait carrière à Paris sous le nom de DIETZ-MONNIN. Entré en 1853 dans la maison Japy frères et Cⁱᵉ, horlogerie et quincaillerie, il en devient l’associé en 1863, préside en 1869 la chambre syndicale de la quincaillerie, puis le tribunal de commerce de la Seine, et préside la chambre de commerce de Paris. Représentant de la Seine à l’Assemblée nationale en 1871, au centre gauche, conseiller municipal de Paris en 1874, il dirige la section française de l’Exposition universelle de 1878 et devient commandeur de la Légion d’honneur. Élu sénateur inamovible le 20 mai 1882, il le demeure jusqu’à son décès, à Paris, le 6 janvier 1896¹,⁴,⁷.

Les alliances à l’intérieur de la famille

Plusieurs unions ont été conclues entre descendants d’un même ancêtre, ici pour la branche A.

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Cornélie épouse André Edouard après 1839 ; Henri, leur fils, épouse Eléonore SPECKEL après 1870. Johann Philipp avait épousé en 1816 Jacobea BILD, fille de sa tante Jacobe DIETZ¹.

Les alliances à l’intérieur de la famille

Plusieurs unions ont été conclues entre descendants d’un même ancêtre, ici pour la branche B.

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Adolphe épouse Adèle BÜRCKI en 1867 ; Théodore épouse Emilie LANTZ en 1864 ; Sophie épouse Benjamin FEHR en 1865¹.

Les familles alliées : BÜRCKI, FEHR, BAUMHAUER

Par ses filles, la branche B porte le métier du cuir au-delà du nom DIETZ. L’extrait ci-dessous suit trois d’entre elles.

​Concorde DIETZ (1801-1880) épouse en 1826 Jean BÜRCKI (1798-1886), marchand tanneur, lui-même fils d’une DIETZ. Deux de leurs fils travaillent le cuir : Albert (1827-1873), tanneur, et Gustave Adolphe (1832-1903), fabricant de cuir. Leur tannerie, rue du Collège, est la dernière de Barr à produire du cuir à semelles ; elle ferme en 1903 au décès de Gustave Adolphe²,³. Leur sœur Adèle BÜRCKI est la mère d’Ernest DIETZ¹.

Catherine Marguerite DIETZ (1797-1881) épouse en 1821 Benjamin FEHR (1795-1868), chamoiseur. Leur fils Benjamin (1825-1905), chamoiseur, épouse en 1865 Sophie DIETZ, fille d’André. De ce couple naissent Camille FEHR (1867-1925), maître tanneur, qui tient vers 1910 la chamoiserie Fehr, 18 rue de la Kirneck, dernier atelier artisanal du cuir à Barr, et Adèle FEHR (1870-1954), qui épouse en 1894 Frédéric Guillaume BAUMHAUER (1853-1906), maître tanneur¹,²,³.

Frédérique DIETZ (1799-1869), enfin, épouse en 1826 Jean DIETZ, taillandier, de la branche C. Leur fils Jean (1840-1927) est tanneur¹.

Branche A :
Benjamin (1792-1875), tanneur
fils d’Andreas DIETZ (1761-1831) et de Catharina Margaretha MATTHIS

Benjamin (1821), jumeau, décédé à un mois
fils de Benjamin (1792) et de Marguerite BECHT

Benjamin (1825-1905), commerçant, l’oncle d’Amérique fils de Benjamin (1792) et de Marguerite BECHT

Edouard Benjamin (1849-1850)
fils d’André Edouard DIETZ et de Cornélie DIETZ
Benjamin (1856-1878), tanneur, célibataire fils d’André Edouard DIETZ et de Cornélie DIETZ

David Benjamin (1877-1944), instituteur, économe à l’hôpital fils de Georges DIETZ et de Frédérique FRITSCH, petit-fils de David (1794)

Edouard Benjamin (1894-1977)
fils d’Edouard DIETZ (1854-1928) et de Marie Eve DIEMER

Benjamin Henri (1896-1971), fabricant tanneur fils d’Edouard DIETZ (1854-1928) et de Marie Eve DIEMER​

Hors des trois lignées :

Benjamin né en 1773, ouvrier tanneur fils de Johann Jacob DIETZ et de Maria Magdalena OSTERMANN

Benjamin (1780-1857), mégissier
fils de Johann Daniel DIETZ et de Maria Catharina KAYSER

Benjamin (1802-1823), potier d’étain, célibataire
fils de Johann David DIETZ et de Maria Ursula KLEIN

Benjamin (1808), décédé à six jours
fils de Benjamin (1780) et d’Anna WINDESHEIM

Benjamin (1812-1890), chamoiseur et poète fils de Benjamin (1780) et d’Anna WINDESHEIM ; son fils, le pasteur Auguste DIETZ (1850-1922), a écrit sa vie⁴

Benjamin né en 1828, optant en 1872 fils de Christoph DIETZ et de Catherine Marguerite FRIEDRICH

Branche C :

Benjamin (1781-1851), drapier
fils de Johann Georg DIETZ (1755-1819) et de Margaretha WINDESHEIM

Benjamin né en 1817
fils de Benjamin (1781) et de Maria DIETZ

18 Benjamin DIETZ !
Qui est qui ?

Le prénom de Benjamin revient à presque chaque génération des DIETZ de Barr, au premier ou au second rang. On en compte douze dans les trois branches, et six autres chez des DIETZ qui ne sont pas issus de ces lignées ; parmi eux, le chamoiseur et poète Benjamin DIETZ (1812-1890)¹.

Branche B :

Benjamin (1768-1836), ouvrier tanneur, fondateur de la branche
fils d’Andreas DIETZ (1728-1791) et d’Anna Maria SELTZ

Benjamin (1798), décédé à sept semaines
fils de Benjamin (1768) et de Catharina Margaretha LANTZ

11 000 peaux de veau par semaine : l’âge d’or de la tannerie barroise, de 1884 à 1900, avec sept fabriques et quelque 600 ouvriers².

Le devenir des tanneries DIETZ

Edouard DIETZ : Propriété des frères Henri et Edouard DIETZ vers 1910, elle expose encore à Paris en 1927¹¹. Le 15, rue du Collège est vendu aux enchères en 1963 et acquis par la maison Degermann ; après 1964, la tannerie Haas installe ses ateliers de finition dans l’ancienne usine de la rue de l’Ile, dont un seul bâtiment subsiste³. Son dernier dirigeant est Jean-Pierre DIETZ (1926-1986), petit-fils d’Edouard¹.

Adolphe DIETZ : Transférée dans une usine neuve, rue de l'Ile, elle s’arrête vers 1948, selon Georges DEGERMANN³. Son dernier dirigeant est Marc DIETZ (1910-1984), fils d’Ernest¹.

Charles DIETZ : Au décès de Paul DIETZ, en 1918, sa veuve, Berthe LISCHY, la vend à Dreyfus Frères, tanneurs à Strasbourg, qui l’exploitent jusqu’en 1939¹,³.

DIETZ-BAUMHAUER : Société anonyme, elle arrête son exploitation en 1932. Vendue aux enchères, elle est reprise par la maison Degermann, qui y fabrique un cuir imperméable pour chaussures de chasse et de sport jusqu’en 1964³.

1910 : 3 tanneries industrielles barroises sur 7 appartiennent aux DIETZ

Les DIETZ ont traversé toutes les mutations du métier. Au XVIIIᵉ siècle, l’atelier compte quelques fosses ; le maître y travaille avec les siens et un compagnon. En 1859, Charles SIMON installe la première machine à vapeur dans sa tannerie de veau et entraîne les autres maîtres de Barr².

 

Le cuir de veau barrois part alors vers les Amériques, puis, après les faillites de 1879-1880, vers l’Allemagne, où la maison Edouard DIETZ entretient dès 1881 un représentant permanent. Vient l’âge d’or de 1884 à 1900 : sept fabriques, quelque 600 ouvriers, 11 000 peaux de veau par semaine².

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Après 1900, un cuir nouveau venu d’Amérique, le box-calf tanné aux sels de chrome en quelques semaines, impose une reconversion coûteuse. En 1907, elle est faite.

 

La liste que dresse le Dʳ HECKER vers 1910, dont la carte de « L’industrie du cuir à Barr vers 1900 » donne la géographie, montre la place de la famille : sur les sept fabriques de Barr, trois sont tenues par des DIETZ des branches A, B et C, et une quatrième, la société anonyme DIETZ-BAUMHAUER & Cie, porte encore leur nom.

Sources

Les appels de note du texte renvoient aux numéros ci-dessous ; les illustrations portent leur crédit dans leur légende.

1 Association de généalogie du Piémont des Vosges, Livre des Familles de Barr 1793-1945, Raymond SCHNEIDER, 2020, p. 401 à 425, et notices des familles alliées.

2 Dʳ Frédéric HECKER, Die Stadt Barr, 1911, chapitre « Anfänge der Industrie in Barr », p. 330 à 343.

3 Georges DEGERMANN, « Souvenirs d’un tanneur », Annuaire 1970 de la Société d’histoire et d’archéologie d’Obernai-Barr-Dambach-la-Ville.

4 Auguste DIETZ (1850-1922), pasteur, « Benjamin Dietz, ein Barrer Handwerkerdichter », manuscrit postérieur à 1912, publié en 1967, p. 75 à 81.

5 Notice « Tannerie et Corroirie Édouard Dietz », p. 1371, publication à préciser.

6 Recensement de l’État de New York, 1875, comté de Kings, Brooklyn, 19ᵉ quartier, district 3.

7 Sénat, notice « DIETZ-MONNIN Charles », anciens sénateurs de la IIIᵉ République, d’après le Dictionnaire des parlementaires français.

8 Barr Mémoire et Traditions, site www.barr-memoire.com, pages « Le grand procès forestier », « Le recouvrement de la Kirneck », « Les écoles » et « Le Gaensbrünnel ».

9 Véronique RAJAT, descendante d’Henri DIETZ : documents, photographies et tradition familiale.

10 Plan cadastral de Barr, 1835, source France cadastre (archives départementales du Bas-Rhin), et photographie aérienne IGN, 1963.

11 Cartes postales, collection Philippe SCHULTZ ; cartes et plans dressés par Philippe SCHULTZ.

12 Enveloppe adressée à « Mademoiselle Cornélie Dietz, Barr (Herrenmühle) », timbre de la Reichspost.

13 Nouveau dictionnaire de biographie alsacienne, notices « DIETZ », « DIETZ, l’ancêtre », « DIETZ Jean Jacques » (Marie-Anne HICKEL, 1985) et « DIETZ Richard » (Marcel KRIEG, 1985) (NetDBA, Fédération des sociétés d’histoire et d’archéologie d’Alsace).

14 Registres paroissiaux protestants de Barr : baptême d’Andreas DIETZ, 8 avril 1728 (Archives d’Alsace, 3 E 21/28) ; relevés des mariages DIETZ de 1701, 1724, 1749, 1766 et 1767, Cercle généalogique d’Alsace.

15 Maurice WINGERT, Les tanneries barroises de la Révolution à nos jours, 2015, tableaux DIETZ p. 32 et 36 ; arbre d’Hervé FULLENWARTH (Geneanet), d’après les registres de Barr et les travaux d’Alfred et de Denise DIETZ.

16 Mlle Marie-Anne HICKEL, « La tannerie artisanale à Barr au XIXᵉ siècle », Annuaire 1983 de la Société d’histoire et d’archéologie de Dambach-Barr-Obernai, p. 29 à 33.

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Les filiations et les dates suivent le Livre des Familles de l’AGPV, qui fait foi ; avant 1728, les actes paroissiaux et les généalogies familiales concordantes (13 à 15).

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